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Ma famille est originaire de la plaine des Jarres, région des hauts plateaux du Laos, où l’ingéniosité, le courage et le sourire des habitants n’ont d’égale que la rudesse de la vie. Je suis née dans ce petit pays aux multiples ethnies, puis ai fini de grandir en France, où ma famille a trouvé asile. La transmission de la culture laotienne est orale, matriarcale.

Elle est aux couleurs des légendes d’antan et du savoir faire des anciens, et c’est elle qui m’a donné le goût d’apprendre et le goût des autres qui ont nourri mon parcours empreint de rencontres, de voyages, de passions et de hasards. C’est en côtoyant dès le plus jeune âge la maladie, en étant très tôt à l’écoute du « mal a dit », que la porte du Nuad Bo Rarn (massage Thaï traditionnel) s’est ouverte naturellement pour m’apprendre l’écoute, le geste juste et la présence, car le corps, tout comme le silence, en dit parfois long…

Le Nuad Bo Rarn, « empereur des massages » par son esprit, sa chorégraphie et sa puissance, m’a menée à me former à d’autres techniques traditionnelles, que j’enseigne aujourd’hui tout en continuant d’apprendre de cette transmission. Puis un jour c’est la porte du désert qui me fût ouverte. Nul choc entre ces deux cultures, la mienne qui « écoute pousser le riz », et celle des gens du désert, qui « ont le temps, quand nous avons l’heure ». Encore un bienheureux hasard qui m’offre le luxe de masser tout autant que d’enseigner ces techniques traditionnelles, ce travail du corps qui m’est cher à qui veut apprendre. « Bodyworker » sous les étoiles, je continue de transmettre mon savoir celui de ma famille.

« Choisissez un travail que vous aimez

et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie »

Confucius.